vie de famille

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LE SAMEDI 15 MAI A 18h30 AU THEATRE DE LA REINE BLANCHE, PASSAGE RUELLE 18eme (M° LA CHAPELLE )
LE MARDI 25 MAI A 20h30 A BORD DE LA PENICHE ANTIPODE, QUAI DE SEINE 19eme ( M° RIQUET OU STALINGRAD )
 
Plume: Jérémie Delafosse
Voix et souffle: André Fauquenoy, Laurianne Aguillera, Jérémie Delafosse
 
" - J'offre lévitation d'une beauté plus pure...
L'arrivisme de l'homme, en mes bas, ne suppure...
Chacun va à son rythme et l'accueuillant extase
Se donne autant au lent qu'à qui a mis les gaz !

Oui l'humain qui désire est l'humain les plus beau !
C'est pour ces freluquets que s'ouvrent mes rideaux,
Leur épargne, en l'oubli, la vue du précipice...
Ils savent qu'il est là, quelque part en coulisses...
Mais plus le sentent-ils, plus fort ils en jouissent !
" - Faire la politique avec un clitoris ?
" - Vous ne comprenez rien ! Ce n'est pas politique !
C'est par derrière que celle-ci se pratique !
Eh quoi, monsieur ? Hélas, aux fécondes fortunes,
Et même en argent sale, on marchande la lune...
A la main propre et pleine, on ne reproche rien,
Mais lorsqu'un gueux commet un rikiki larcin,
Tague "Nique les cons" ou vole un bout de pain,
On couperait sa main ! Police ! A l'assassin !
Mais reluquez ses yeux ! Voyez-vous criminel ?

" - L'art de dissimuler quand on les interpèle !
" - Il est tout apeuré !
                             " - C'est là superficiel:
Son réconfort n'est-il pas en vos jarretelles !
" - Ce n'est qu'un vagabond ! Que voulez-vous de plus ?

Qu'il finisse en prison ? Ou bien que je vous ...
 
Venez nombreux retrouver, quelque part entre Lancelot et Gérard Lambert, le roman en vers des déboires de Bernard le loubard, la chanson de geste insolite de ce vagabond au coeur d'enfant, bâtard de Charlot et de Gaston Coutet, avorton du mime, du slam, du conte populaire et de la comedia, repêché entre deux vagues par un éboueur romantique dans une ville portuaire où l'océan est de vin, où les pirates sont patrons, où les poissons sont d'argent, et où nous ne sommes plus que des naufragés perdus dans le rêve de la terre ferme...
 
Cordialement
La Cie Zyeux Môme


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La face ensanglantée, le gueux va prendre place
Et dégueulasse, étend ses boueuses godasses.
Quand une midinette aux séraphiques charmes,
Vient s'asseoir près de lui et pour sècher ses larmes
Sort de son sac un main, un mouchoir opalin.
" - Je vais vous le salir.
                                        "- Ce n'est rien, j'en ai plein.
A la salive, elle soigne et le blessé pâtit
Du moindre mouvement de sa face meurtrie.
" - Mon pauvre, je vous plains ! susurre la mignonne,
La violence a le don de me flanquer la rogne !
On vous , dites-moi, sacrément amoché !
"- Je n'étais pas bien beau avant qu'on m'ait frappé.

Se mettant à souffler de sa bouche salope,
De sa bouche passion la fumée d'une clope.
La belle le dévore, ô regard incisif
D'où d'acérées lueurs, aigues comme des griffes
Enucléent sa cervelle et greffent en son coeur
L'inespéré moment d'un radieux bonheur.
La môme cicatrice une à une ses plaies,
Pour guérir un loubard, ne suffit qu'un baiser !

La médecine est douce à qui se sait patient
Et en salle d'attente, il demeura longtemps
Mais cette fois, ça y est ! On s'occupe de lui !
Docteur ! Ne sursoyez jamais l'anesthésie
Du désespoir tablé sur cette heure prochaine
Où, dit-on, on ampute son préfixe gangrène.

Je l'aime, se dit-il, il s'en va le lui dire
Quand de sa voix surprise, elle tait son désir
Et les mots sont sortis, des lèvres pathétiques
Elle se mit à rire, d'un éclat sardonnique:
"- Rangez donc votre bible, lui dit-elle à la hâte
Et faites-moi l'amour sans me baiser la patte !

Alors le gueux la baise, ardent et sulfureux,
Avec tant de ses mots qu'il dit avec la queue.
Il embrasse d'esprit, l'exquis plaisir athée
Etreinte sulfureuse et voilà dévoilé
Que l'amour avoué se tient dans ses moyens !
Et la diablesse acquiesce en dialecte païen.

Ses seins, ses mains, ses reins !  Quelle infernale danse !
Du Chopin langoureux ou du Mozart en transe !

" - L'amour est dans ton slip, conclut-elle à genoux
Tandis qu'il est un chat, s'étouffant de poils roux,
Le mien dans ma culotte et c'est parfait ainsi,
Laissons le souffle au coeur; au cul le paradis !
Ne nous encombrons pas d'une tragique histoire...
L'amour est magnifié à vivre au soir, le soir.
Si demain tu rencontres gonzesse et tu bandes,
Va vite lui chanter la même sarabande.
L'amour est dans ton slip, conclut-elle à genoux !
Mais ce fait de bon coeur, ou alors pas du tout !

Ce n'était qu'un fantasme et rien ne s'est passé !
Le gueux s'était perdue dans ses douces pensées,
Dans l'onctueux parfum de sa trique immédiate
Lorsque sur sa peau vint la paume délicate.

                         à suivre.
photos kounen 038J'habite juste derrière les bagnoles qui brûlent
Que mon rej'ton a fait flamber hier soir
J'ai beau y dir' qu'cest mal mais c't'une têt' de mule
Et y m'dit qu'ça l'réchauffe quand y fait le trottoir.

REFRAIN:
J'suis po-ho-vre
J'suis po-oh-vre
L'bas d'la montagn' sociale m'exaspè-hè-re
J'suis po-oh-vre
J'suis po-ho-vre
Mais je me soign': je joue au millionaire !

Moi j'ai bien essayé de trouver du boulot
Pour mille euros par moi à perdre la santé
Et mêm' si je bandais devant Julie Lescaut,
Je baisais plus ma femme; la bougress' s'est barrée !

Au quartier, y nous ont pas d'mandé notre avis
Pour l'installation des caméras
Vu qu'j'pass'rai jamais, jamais au juste prix !
Je leur joue un ganster sans fair' de cinéma !

J'ai trimé pour Total le total de ma vie,
Mais à faire leur totaux, ce n'était pas assez !
Sans se tâter, ils ont fermé la raffin'rie
Et m'ont dit qu'moi aussi, z'avait qu'à la fermer !


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tmp567
par Jérémie Delafosse

Il revoit sa maman, souillée et en sueur / Revenir le border, le bercer en douceur / Corner page du livre où le bougre, endormi / Avait là entrouvert les portes de la nuit. / Il se souvient de Jeanne, ô belle blondinette / Du parfum de sa peau et de ses jolies couettes / De son poas dirigé hors du jeu de marelle / Pour préferer sourire à ses seules prunelles / "Qu'est-ce que tu lis, Bernard ?" lui demandait l'enfant / " Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant" / Les deux mistons plongeaient dans l'amour véritable / Quand la mère de Jeanne, en doigtant son cartable / Lui disait "Il est temps de faire tes devoirs" / ( Evite ce garçon, c'est un sale batârd !) / L'ultime incandescendance en les yeux de sa belle / Qu'il voyait s'éloigner, emportée malgré elle, / Lui revient en esprit tandis qu'il agonise / A la vue des rongeurs qui convoitent sa prise. / Mais patientez, requins ! Il n'est pas encor mort ! / Les choses de la vie lui reviennent encor ! / Le feu au fond des yeux de kadidja, malienne / Qui implorait Bernard: " Il faut que tu m'emmenes ! / C'est un si beau pays ! Tu trouv'ras du travail ! / et nous nous marierons !  Il faut que je m'en aille ! / Les cuites égarées dans un camp romanès, accueillies par pudeur, dévoilées dans l'ivresse / T'es là aussi, Gérard ? Et les putains, mes soeurs ! / Réchauffez moi la bulle et soufllez sur mon coeur ! / Voilà, il peut mourir ! Tout le monde est présent / a pleurer tout son corps et le pleure en riant. / La fête continue ! Sourit Bernard en proie / A la princesse qui tient la bulle en ses doigts / " Il est temps, mon loubard ! Elle est vétue de noir / Elle a le pâle teint des visiteurs du soir / " - A bien y réfléchir, c'est encor un peu tôt " / Mais c'est déjà trop tard: la Mort lui fait la peau / Tu m'en vois désolé, ô fou, mais tu me plais ! / Aux parois de la bulle, elle offre un long baiser...    

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